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2009/08/04

B-B-B (pas brunes)

Plutôt que de comparer la vie à un livre avec ses différents chapitres, je vois la vie plutôt comme une série. Car pour un livre, l'auteur connait les chapitres à l'avance. Pour une série, les scénaristes ne savent pas si leur projet tiendra une saison de plus, ils doivent s'adapter, se rediriger, ne pas avoir peur de recommencer à zéro. Alors qu'un écrivain a toujours une idée plus ou moins claire d'où va se diriger sa plume.
Est-ce que Paul Scheuring savait, quand il écrivait la première saison de Prison Break, que Scofield finirait à Miami en passant par Panama? Est-ce que Gil et moi-même savions que 09-10 se passerait sous le soleil barcelonais? Pas du tout. Et c'est tant mieux.

L'engrenage bien huilé de la monotonie me fait peur. Je préfère la mécanique archaïque de la surprise. Ses roues dentées et rouillées causent parfois des problèmes, mais cela grossi les bagages d'anecdotes que nous aurons à raconter à nos petits enfants. Les galères se transforment en prouesses desquelles nous sommes fiers. Les bons moments deviennent le combustible d'une douce mélancolie qui pousse le coin de nos lèvres en directions de nos oreilles.

Oui je suis le dernier de la CBC à Brighton. Non je ne suis pas le seul à tenir les rennes de ce blog. Car où que l'on soit, Paris, Barcelone ou Varsovie, ce blog sera la marmite de nos expériences.

Et ci-dessous, la chanson qui est le fond sonore de mes voyages. In Transit, car la vie doit être une situation de transit constant. Car la terre est le terrain de jeu le plus démocratique qui existe, il serait stupide de s'en priver.


2009/07/27

Has the end any end?

Soixante minutes derrière le pare brise d'un double-deck. Soixante minutes avec à nos côtés un couple anglais dont le mari, The Sun sous le bras, se charge de transformer la conversation en monologue. Cette année, récession oblige, pas de Marbella mais bien une petite cure d'humilité avec ce bon vieux tourisme national faisant office de roue de secours estivale. Derrière nous, oh! Surprise. Des touristes espagnols. Ca parle fort, ça rigole mais, une fois n'est pas coutume, le tout dans le respect de l'autochtone. Le groupe d'amies s'éclate en commentant les maisons que nous croisons sur la route. Soixante minutes serpentant les villes et villages que nous offre le comté de Sussex. Peu d'industries, elles semblent toutes s'être concentrées sur la ville portuaire de Newhaven. Le reste, des petits villages qui airaient leur place dans la magnifique chanson "Albion" de notre ami Pitou. Des côtes et des pentes qui s'enchainent comme s'enchainent soleil, nuages et pluies dans les forecast de la BBC.


Arrivés à Seven Sisters, petite brise patriotique à la vue d'une plaque rouge et blanche. Nous voilà partis à la recherche de La Manche. Nous retrouverons son châle d'eau bleu turquoise posé délicatement sur ses épaules bleu foncé après avoir traversé la vallée. Vallée verte cisaillée par l'écoulement lent d'une rivière. Après une tentative frustrée de séduction de moutons, nous arrivons sur la plage. Ici, pas de surprise. Mêmes pierres que celles de Brighton. L'option "sable" n'a définitivement pas été cochée pour l'Angleterre lors du big bang. Nous décidons de prendre de la hauteur pour trouver une vue globale du parc de Seven Sisters. Et c'est bien depuis les hauteurs de ses collines que le parc prend toute sa grandeur. Les vues sont imprenables, grandioses. À notre droite, des collines vallonnées ressemblant au haut d'un plat de spaghettis. Devant nous, le plat de pâtes a été coupé sec par le manque de scrupules d'une hache laissant place au reste de l'assiette bleue. À gauche, l'étendue d'eau où l'horizon prend toute la dimension de sa définition. Ce qui nous marque le plus, c'est cette coupure entre collines et mer. Comme un point final. Un nouveau chapitre, un nouveau livre. Seule transition entre l'eau et les rochers, les pierres noires qui forment la plage. Élément de transition, de médiation. Pacificateur entre deux forces de la nature. Pierres qui obligent la mer à se calmer, à ralentir pour ne pas frapper et blesser les pieds des collines. Pierres qui évitent que les géants de roche blanche ne laissent tomber leurs rocs directement sur l'or bleu.

"Brighton aura été une transition pour la suite" dit mon cher bro Gil. Et si Brighton était cette plage noire?


2009/04/01

Ca, c'est fait !

A l'heure où j'écris ces lignes, on me donne littéralement la fessée et Gossip (Soulwax Version) passe en fond sonore...
Tout ça pour dire que cette nuit fut une nuit de déchéance : Dad a fait le MoonWalk et le Ring On Fire aura une fois de plus fait ses preuves...
Je suis fait, Dad est fait et Chrissss de même... Mes super lunettes Clark Kent ne m'empêchant pas de voir flou, je suis en mode concentré pour écrire ces quelques lignes...
Il est actuellement 03:55 du matin et je laisse la place à Dad qui veut aussi écrire quelques mots.


Nous sommes tres fait pour eecrire cettes lignes...et nous allons pour retirer (cris version non censuré)

nous ne somme pas alcoolisées, nous ne sommes qu'une bandes de personnages sans coès que nous pouuleurs, juste une touche de russie pour nous donner une peu de couleur. Une touche d'Est pour vivre quelques segondes de plus. Nous vous donnerons plus de nouvelles dès que nous pourrons. nous vous aimons, mais pas tant que vpus nous aimez. C'est pourquoi nous continuons à é&crire, parce que vous nous lisez. We love
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Mercredi, 16h12...

Ok il faut qu'on vous explique... Ce que vous pouvez lire au dessus était la conséquence d'une soirée bien lancée :D Mais ce que nous ne savions pas c'est que ce n'était que le début...
Vers 5h, tout le monde est affalé dans le divan... TOUS? Non car un irréductible danse encore et toujours au milieu du salon. On pense donc que la soirée va s'achever. De fait, Cris devant travailler le lendemain, les gens se préparent à partir...
Et là, Chrisss lance la phrase qui va tout changer : "Je suis en forme... On va sur la plage?" Aussitôt dit, aussitôt fait, nous voilà en route pour 1°) Raccompagner Cris, Pep et Marta chez eux et 2°) pour aller sur la plage et voir le soleil se lever...
A ce stade il faut donc nous imaginer en train de courir dans la rue au milieu de la route, encore un peu ivre et chantant, criant, la bouteille à la main etc...

Et là, c'est le drame... Une voiture de police passe. Ils nous voient, s'arrêtent à notre hauteur et nous interpellent :
-"Can we see your paper please?"
- Nous de répondre : "Heuuuu Sure"
- "Are you Drunk?"
- "Heuuuu Nooo?"

(bon ok j'avoue j'ai un peu simplifié le scénario... Beaucoup plus complexe en vrai...)

Et là en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "Supercalifragili..heuuuu... Dicious", nous voilà au poste de police... Prévention parait-il... On a donc fini le reste de la "nuit" (pour rappel le soleil allait se lever) dans un cachot anglais.... On a pas pu prendre de photos, allez savoir pourquoi et la couchette laissait un peu à désirer...

Evidemment tout ceci reste entre nous hein, on en rigole maintenant mais on faisait moins les malins "ce matin". C'est qu'ils nous ont quand même gardé 4-5 heures là-dedans. Soit disant que c'est pour nous faire désaouler... Encore heureux qu'on travaillait pas aujourd'hui...

Enfin ca fera des souvenirs à raconter... sur ce je vais aller soit dormir, soit au Costa me faire un chocolat chaud...


2009/03/25

Dude, where did I sleep last night?

Lors de ma dernière contribution à ce blog, il n'y avait qu'un seul jeu de clés. Mes deux alliés étant Internetless, je me retrouvais seul face aux défis 2.0. Depuis, nous avons pris les devants sur les hallelujah du wifi et avons été faire des copies des clés d'Internet. Chacun d'entre nous en possède une et nous avons caché 124 autres un peu partout dans Brighton. Histoire que la panne de post n'arrive plus.
Depuis la dernière mise à jour, Chrisss et moi-même sommes revenus de la capitale de Youkey, London (notez le ridicule du nom s'il est prononcé en français "lon"-"don"). De ce petit voyage de deux jours, naîtra sans doute une post d'ici quelques jours. Car avant, je voudrais revenir sur la soirée de samedi.

"Bizarre" qualifiait notre cher Gil. I agree. Je vais parler de la partie de soirée dans laquelle je suis impliqué. Et je vais le faire sous forme de jeux, vous n'aurez qu'à sélectionner la version qui vous plait le plus ou qui me colle le mieux. Je voudrais aussi préciser qu'il ne s'agit pas ici d'un exercice centré sur ma personne alimentant ainsi mon ego déjà surdimensionné. C'est juste qu'à un moment, un aiguillage mal configuré à séparé les rails de nos soirées et nos trains se sont éloignés les uns des autres se dirigeant vers des gares brumeuses et humides pour certains, floues et inquiétantes pour d'autres. Si je ne parle pas de la soirée des autres, c'est parce que je n'étais pas témoin de leur déroulement respectifs. Les mauvaises langues diront que, par conséquent, je ne devrais pas parler de la mienne non plus. C'est pourquoi, je t'offre à toi, public, l'occasion d'écrire ma soirée. De graver dans la roche le déroulement de cette nuit. De dessiner sur le sable de Brighton ce que mes yeux ont vu et ce que ma mémoire a laissé couler entre ses dernières neurones:

À 1AM je marche tranquillement derrière mes camarades de sortie vers un des clubs de la ville quand...

  • A: Cinq groupies m'arrêtent au coin d'une rue. "Hey mais t'es Dad, des Seasers!!! On est archifan de vous, c'est trop génial wouhouuu écoute mon ringtone, c'est votre morceau. Et regarde ce tatouage, c'est tes initiales, and bla bla" le tout en anglais of course. Je vois mon groupe d'amis s'éloigner au loin, comme un avion quittant le ciel de Zaventem. Attirés par le groupe de jeunes post-pubères, la foule commence à m'entourer. Les anglais étant plutôt grand, je me sens comme Mimie Mathy au beau milieu de l'équipe titulaire des LA Lakers. Ils m'emmènent dans un pub, me tendent une guitare, m'offrent à boire. Et là, ma mémoire a décidé de prendre ses RTT et est partie en vacances. Elle est revenue à 5am quand je suis passé chez mes amis de Valence pour récupérer mes wayfarer blanches.


  • B: Un policier me stop le pas. "Vos papiers svp". À cela, je lui réponds énervé: "puis-je aller chercher mes lunettes de soleil? Non pas que votre présence m'illumine, mais c'est l'unique moyen que j'ai pour protéger mes yeux des postillons que crache votre britannique de bouche". Ca ne lui a pas plu. Mais à mon avis, c'est le t-shirt "Oktoberfest Munich" que je porte qui ne lui fait pas plaisir. On connait bien la gueguerre qui existe entre anglais et allemands. Gil m'a commenté que lorsqu'il m'a appelé vers 3am, il entendait de monde autour de moi. Cela devait surement être mes compagnons de cellule. Ces bons vieux Harry La Tortue, Franck La Cuvette et Joe Le Putois. Une fois dans ma cage de béton de 3 sur 3, je me dis que ça serait bien de lâcher quelques blagounettes sur ces bons vieux anglais. Mais apparemment, nos chers britanniques n'ont pas le même sens de l'autodérision que nous. Et là, ma mémoire a décidé de prendre ses RTT et est partie en vacances. Elle est revenue à 5am quand je suis passé chez mes amis de Valence pour récupérer mes wayfarer blanches.

  • C: Je trébuche sur une dalle surélevée. Je me retourne et lui exige des excuses. Celle-ci s'insurge et me gronde. "Espèce de petit étranger arrogant qui vient ici boire notre alcool, draguer nos filles et jeter des pierres sur les canettes de la plages, c'est à toi de regarder où tu vas!". Le petit pavé se retourne et siffle un grand coup sec. Et là, trois containers noirs arrivent du fond, deux lampadaires s'approchent de moi par l'arrière et une horde de cabines téléphoniques rouge m'encerclent. "Où sont mes amis!!!??" me dis-je à moi-même. Ils sont à The Arc en train de tout donner. Tandis que moi... c'est le mobilier urbain de Brighton qui va tout me donner. Ils m'enferment dans un des étroits passages entre deux rues. Je crois que c'est la fin de mon séjour dans la perfide Albion. Quand soudain, je vois une petite porte noire entrouverte. Je galope vers elle et la referme aussitôt derrière moi. Je me retourne et quelle est ma frayeur quand je vois trois mouettes géantes. Deux mètres de haut, deux de large, les yeux rouges, le bec jaune... Et là, ma mémoire a décidé de prendre ses RTT et est partie en vacances. Elle est revenue à 5am quand je suis passé chez mes amis de Valence pour récupérer mes wayfarer blanches.




Voilà, c'est à vous maintenant de décider ce qui s'est passé samedi dernier. Vous pouvez le faire via un commentaire et/ou en envoyant un sms à Gil, Chrisss ou moi-même avec le code "What Happened Last Night?" et la lettre de votre choix.

Merci beaucoup et ne bougez pas, on revient juste après la pub.



2009/03/01

Internet-less

Allo? Oui? Il y a quelqu'un? Éco eco eco eco... Bon, oui. Je crois que je suis bien seul ici. Sur une table au milieu de ce hangar, une clé. Une clé accompagnée d'une note:

"Voici la clé. La clé du blog de Brighton. Tu es le seul survivant. L'avenir des Seasers sur la blogosphère ne dépend plus que de toi. Nous avons été privés de l'accès au réseau. D'abord Gil, qui est sans connexion depuis mardi. Il ne lui reste plus d'ongles à ronger, plus de cheveux à s'arracher. Il a commencé à entamer la moquette de sa chambre. Parfois la nuit, on entend des cris de désespoir provenant du haut de sa colline. Moi je suis hors du net depuis hier. J'ai réussi à compenser le manque en me rendant dans un café. Mais cette alternative n'est viable qu'à court terme. Les expressos finiront par me faire craquer et me feront dévaliser tout le Topshop de Western Road.
Nous avons envoyé les enfants en lieu sur. La vie serait trop rude pour eux ici. Il fait froid, les corbeaux nous entourent. À chaque personne que nous croisons, nous prions le ciel pour qu'elle ne nous vole pas notre conserve de thon.
Tu es le seul d'entre nous encore lié à la civilisation moderne. Nous te donnons cette clé pour que ce blog ne meurt pas. Pour qu'il se relève, le torse bombé, les cheveux au vent, le reflet du soleil sur ses dents. Prends en soin. Adieu.

Chrisss & Gil"



L'avenir de l'humanité virtuelle est donc entre mes mains tremblantes. En leur mémoire, de ceux qui ont été deux braves et vaillants collègues de voyage, je continuerai ce blog contre vents et marrées. Même si les démons anti-geek s'entêtent à me barrer la route, avec des activités sociales et en plein aire, j'y arriverai. Même si mon portable bois la tasse (again), si je perds une main dans un accident de frisbi ou si le soleil de Brighton m'éblouit et m'aveugle (déjà fait), je prorogerai la vie de ce blog.

Amen


2009/02/22

Sunday bloody sunday...

C'est dimanche. Les mouettes sont surement à la messe parce que depuis ma chambre, tout ce que j'entends c'est mon colloque jouant les accords de Wonderwall. Il est treize heures. Une heure de plus si vous roulez à droite. Si vous entendez Rihanna à la radio. Si votre bière vous coute moins de deux euros. Si les gens sont froids avec vous dans la rue. Si vous faites vos courses chez Carrefour. Bref, si vous êtes sur l'Europe Continentale.
Dimanche. Quel triste personnage. Éternel second du grand, beau et vaillant Samedi. Toujours collé derrière, toujours suivre les mouvements de son maitre, toujours en subir les conséquences. Il est ce grand frère obèse encastré dans son fauteuil, aux cheveux gras, aux mouvements lents qui regarde jalousement les prouesses de son cadet. Sancho Panza de Don Quichotte, il suit tant bien que mal, il survit attendant patiemment que son cousin, le courageux Lundi vienne le remplacer.

Le dimanche, tout est difficile. Au réveil, votre bouche semble avoir été arrosée par une averse de sable. Vos paupières s'ouvrent avec la délicatesse d'un capot moteur rouillé. Vos yeux piquent comme si vos pupilles avaient participé à une manifestation où les CRS auraient usé et abusé de la bombe lacrymo. La bouteille d'eau trône vide à côté de vous. Méchante! Pourquoi t'es tu vidée de ton précieux fluide? La réponse est peut être dans le mal de tête qui, heureusement aujourd'hui, ne vous affecte pas. Après de longues minutes d'attérissage sur la terre ferme, une envie pressante vient vous bousculer. Sur vos deux jambes, le concept de terre ferme vacille. Votre vessie quant à elle, se montre de plus en plus menaçante. À votre retour du safari en terres de carrelage et d'eau tournant à l'envers, vous décidez de jouer les pragmatiques. Vous disposez sur le lit tout ce dont vous aller avoir besoin pour traverser ce long désert qu'est le dimanche matin. Laptop, portable, disque dur externe truffé de séries et films en tous genres, bouteille d'eau (remplie cette fois). Vous vous installez confortablement. Quelques minutes après votre placardage, le pire survient. Vous avez faim et avez malencontreusement oublié ce détail lors de l'aménagement de votre espace de survie. Un Oreo vous regarde droit dans les yeux. Les deux bras de distance qui vous séparent de lui semblent se transformer en miles. C'est alors que vous essayez des techniques plus absurdes les unes que les autres pour contourner l'acte tortueux de devoir se lever pour s'alimenter. Imaginer que vous manger. Imaginer votre estomac plein. Rêver que vous vous alimenter du soleil. Rêver que l'alimentation n'est pas un besoin primaire. Penser aux pays du tiers monde. Penser au faste écoeurant d'un repas à Versailles au temps de Marie-Antoinette. Rien n'y fait. La faim persiste. Finalement, vous jetez un oeil par la fenêtre, voyez ce soleil éblouissant, iTunes vous propose Dancing Wtih Myself de Billy Idol. À cela, vous ne pouvez que vous levez pour aller continuer votre Stinky Sunday à la plage.

Non... cet article n'est pas le récit de ma journée.